Vers la fin des années soixante-dix, le karaté shotokan s'établit vraiment de façon définitive dans la région, grâce
à ʭil Pavaliu qui contribua
grandement à l'essor du karaté, non seulement dans les Laurentides, mais aussi à la grandeur du
Québec. Il fut à l'époque directeur technique et
aussi entraîneur en chef de l'équipe du Québec.
Avec la popularité grandissante de l'école, les dirigeants décidèrent par la suite d'avoir un nom pour le dojo. Donc le 20 septembre 1983, le dojo de Sainte-Agathe devenait J.K.A. des Laurentides; une association à but non lucratif qui, tout comme l'AKJQ , a pour principal objectif de faire connaître et de promouvoir le Karaté de maître Funakoshi
En 1993, le groupe contenant déjà plusieurs grades avancés, Émil Pavaliu décida de prendre un peu de recul face à l'enseignement,
céda la direction du dojo à Ivan Hogan 1ière dan
et François Gaudreau alors 2ième dan à titre d'instructeurs.
Aujourd'hui, M. Hogan délaisse à son tour l'enseignement mais s'entraîne toujours au dojo. À 60 ans, il est encore une grande source d'inspiration pour plusieurs d'entre nous. Actuellement, nos instructeurs sont François Gaudreau et Denis Blondin, qui se feront un plaisir de vous faire bénéficier des bienfaits de ce grand art! Notre école compte parmi ses membres, des élèves de haut niveau qui motivent beaucoup l'ensemble du groupe.
L'histoire du karaté remonte à l'origine de l'homme sur la terre où il a dû apprendre à se défendre contre ses ennemis naturels. D'autre part, les méthodes de combat sont issues de l'observation des animaux ou encore des anciens mouvements de gymnastique corporelle destinés à maintenir la santé.
Les véritables origines se perdent dans la nuit des temps et il s'y mêle une grande part de légende. Remontant à l'antiquité, nous pouvons retracer dans la mythologie grecque l'existence de méthode similaire au karaté.
Les premières traces d'une méthode utilisant des coups de poing et de pied apparaissent dès le VIe siècle de notre ère en Chine. Cette preuve de l'existence des arts martiaux date de 770 et 480 avant J.C. dans le livre des chants I-CHIN CHING qui décrit avec abondance la vie de cette époque.
C'est à un moine bouddhiste venu de l'Inde, BODHIDHARMA également
connu sous le nom de DARUMA TAISHI que nous devons la mise au point de
la méthode appelée SHAOLIN-SZUKEMPO. Elle avait pour but
d'améliorer la santé des moines du monastère où
il leur enseigna un système demandant une discipline physique et
mentale, laquelle fut propagée à travers la Chine par ses
disciples.
Cette première forme codifiée de science du combat puise ses racines dans une méthode guerrière de l'Inde appelée V AJRAMUSHTI. En Chine, elle se mêla à la technique locale de poings nommée CH'UAN-FA. Il en résulte une grande variété de techniques mettant surtout l'accent sur l'utilisation des poings telles que le PANGAI-NOON, le KUNG-FU, le PAKUA, le TAI-CHI, le KEMPO, etc.
L'étape suivante sur le chemin qui mène au karaté moderne se fait à Okinawa qui est l'île principale de la chaîne des îles RYU KYU située au sud du Japon. Cette terre de rencontre des cultures chinoises et japonaises a été le témoin et l'intermédiaire entre deux civilisations, ce qui explique pourquoi Okinawa a pu devenir le lieu où se sont fusionnées diverses techniques de combat.
C'est là que se développa une forme de combat extrêmement violent et efficace directement à l'origine du karaté japonais actuel en réponse à deux périodes de répression qui débutèrent avec l'invasion des Mongols en Chine entraînant une vive réaction de la part des seigneurs des dynasties Ming (1368-1644) et Ting (1644 - 1911).
Okinawa a été unifiée sous le règne du roi SHO HASHI de CHUZAN en 1429 et plus tard sous le règne du roi SHO SHIN qui, pour s'assurer du pouvoir et décourager ses rivaux militaires, proclama un édit interdisant la pratique des arts martiaux et saisit toutes les armes du royaume en décrétant leur possession comme un crime envers l'État. En 1609, le clan SA TSUMA de KOGOSHIMA interdit à nouveau le port des armes à Okinawa. En réponse aux envahisseurs qui les opprimaient et leur interdisaient le port des armes, les Okinawaiens ont pris un vif intérêt à l'art des poings qu'ils combinèrent à leurs propres techniques de combat de mains à mains, ce qui a produit l'OKINAWA-TE et ainsi naquirent le SHURI-TE, le NAHA-TE et le TOMARI-TE.
Il s'en suivit en 1853 un important fait qui transforma l'image de la pratique des arts martiaux traditionnels, soit l'apparition des armes à feu que le Japon découvrit avec l'expédition américaine Perry. Le déclin de certaines valeurs sociales qui avait été amorcé au XVIIe siècle fut accéléré par cette découverte qui fut suivie de près par l'unification du Japon à la période de Restauration MEIJI, en 1868, alors que le système féodal fut aboli pour faire place à une société nouvelle avec l'ère TOKUGAWA (1868-1912).
Gichin Funakoshi naquit cette même année à SHURI
comme unique enfant d'une famille modeste et, en 1879, Okinawa était
incorporée comme préfecture japonaise à l'empire
de MUTSO HITO.
L'enseignement et la pratique du karaté restèrent secrets jusqu'en 1900 où l'Okinawa-te ou Tode devint le style le plus systématisé. Le voile fut levé en 1902 quand un commissaire de l'Éducation de la Préfecture de Kagoshima, SHINT ARO OGA W A, recommanda d'inclure le karaté dans le programme scolaire d'éducation physique de certaines écoles de SHURI.
L'Okinawa-te, qui ne s'appelait toujours pas Karaté, fut alors enseigné ouvertement, essentiellement comme méthode d'éducation physique. De cette époque, nous sont parvenus les noms de deux maîtres qui allaient devenir les chefs de file des principales écoles actuelles: Ankoh Itosu enseignait une méthode basée sur les techniques longues, les déplacements rapides et légers (SHORIN), tandis que Kanryo Higaonna donnait la préférence à un style basé sur des techniques de force, en contraction, et sur des déplacements courts surtout efficaces pour le combat à faible distance (SHOREI).
Ces deux maîtres instruisirent des hommes qui, un peu plus tard, révélèrent leur technique martiale au Japon.
C'est FUNAKOSHI GICHIN, considéré comme le père du karaté moderne, qui en 1906 avec ses collègues fit la première démonstration publique à Okinawa. De plus, en 1922, il fit connaître au Japon l'existence du karaté lors d'une fête sportive (First National Athletic Exhibition) qui eut lieu à Tokyo sous les auspices du Ministère de l'Éducation. Les Japonais ne connaissaient, à cette époque, que le JIU-JITSU, une méthode dont le JUDO tire sa source et certaines formes de self -defense venues au Japon au XIIe siècle avec le bouddhisme Zen, soit le SHORINJI KEMPO. Ils se mirent à l'étude de cette méthode de combat encore inconnue et si efficace sous la direction de Maître Funakoshi.
C'est alors seulement que Maître Funakoshi coupa le lien avec l'origine chinoise et okinawaienne de son art et l'appela KARATE. Mais tandis que certains instructeurs continuaient à enseigner à Okinawa une forme plus traditionnelle et plus proche de l'Okinawa-te, d'autres voyant le succès de Funakoshi passèrent au Japon et y apportèrent leur technique; quoique celle-ci fut à chaque fois légèrement différente, ils l'appelèrent tous karaté en raison de la publicité dont cette désignation bénéficiait déjà.
À la fin du XIXe siècle, le Japon avait été impliqué dans une série de guerres avec des pays asiatiques. L'utilisation des arts martiaux traditionnels devenaient périmée en raison de leur peu d'utilité militaire dans une société industrialisée, ce qui entraîna un déclin rapide des valeurs militaires ancestrales. Toutefois, les valeurs transmises par la pratique des arts martiaux sur le plan de l'esprit et de la force physique étaient positivement encouragées.
Au début du XXe siècle, la tradition nationale reconnaissait l'apprentissage et l'usage du sabre comme l'art martial le plus important au Japon. Certains principes reliés au Kendo ont eu une influence considérable sur la pratique des arts martiaux tels que le karaté-do, le kyudo, le judo et l'aikido. Comme la pratique du "jutsu" se voulait traditionnelle et le "do" était moderne, plusieurs éléments du code du BUSHIDO, "La voie du Guerrier", ont été transformés dans la pratique par l'introduction de nouveaux types de compétition où le but recherché était de réduire au minimum les blessures par des équipements protecteurs et des règles, contrairement au duel d'antan où le vainqueur émergeait par la mort du vaincu.
De la même façon que le kenjutsu devint le kendo, le karaté-jutsu a changé dans l'usage des techniques dont le but n'est plus de mutiler et de tuer son adversaire, mais est devenu une méthode de discipline mentale et physique dorénavant connue sous: KARA TE-DO.
Pendant les années 20 et le début des années 30, le karaté est devenu très populaire auprès des personnes provenant de toutes les couches sociales et particulièrement auprès des jeunes étudiants. Dans les années 40, chaque université avait son club de karaté.
Après la deuxième guerre mondiale, une restriction sur la pratique des arts martiaux dura deux ans et, en 1948, la Japan Karate Association fut créée. Funakoshi en devint le président et le chef instructeur et, en 1957, le ministère de l'Éducation la reconnue comme une organisation d'enseignement.
Quelques années après la guerre, de fréquentes requêtes
des Forces Armées Alliées en poste au Japon affluèrent
demandant à assister à des démonstrations des arts
martiaux. Des groupes d'experts en judo, kendo et karaté-do furent
formés pour visiter, de deux à trois fois par semaine, les
bases militaires et de démontrer leur art respectif.
En 1952, le Strategic Air Command des États-Unis a envoyé
au Japon des groupes de jeunes officiers pour étudier le judo,
l'aikido et le karaté dans le but de former des instructeurs en
éducation physique.
Quelques années plus tard, quelques amateurs de sports de combat orientaux firent connaître le mot KARATE et, petit à petit, par des livres, des films et au contact des premiers maîtres japonais invités à cet effet en apprirent les techniques. Peu à peu, le karaté sortait de l'ombre et lorsque le Maître Funakoshi, âgé de 88 ans, décéda en 1957, l'art qu'il apporta au Japon avait connu un développement tel qu'il ne pouvait plus tomber dans l'oubli.
En octobre 1957 fut organisé au Japon le First AlI Japan Karate-do Championship Tournament et, en novembre, la AlI Japan Student Karate Federation subventionna les premiers championnats universitaires qui se déroulèrent devant des milliers de spectateurs qui consacrèrent en quelque sorte la nouvelle orientation du karaté. En 1964, sous la pression du Ministre japonais de l'Éducation nationale fut créée la AlI Japan Karate-do Association (FAJKO) dont le but était de regrouper tous les organismes déjà en place.
